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Climat

Etat de lieux trois mois après l’Accord de Paris (COP21)

Véronique Rigot Véronique Rigot
30 mars 2016

Trois mois après la conclusion de l’Accord de Paris, un petit aperçu des suites politiques qui y sont données au niveau international, européen et belge.

Au niveau international

Les Nations Unies préparent activement la cérémonie de signature, prévue le vendredi 22 avril à New York, au siège des Nations Unies. Le secrétaire général Ban Ki Moon a invité les Chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier à se rendre à New York pour marquer la volonté politique de mettre en œuvre l’Accord de Paris. La signature de l’Accord de Paris est la première étape du processus de ratification, qui lui-même est la condition pour l’entrée en vigueur de l’accord. Le texte stipule qu’au moins 55 pays « qui représentent au total au moins un pourcentage estimé à 55% du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre » doivent avoir ratifié l’accord pour qu’il entre en vigueur.

Le Président français François Hollande et le Roi du Maroc -qui accueillera en novembre 2016 la COP22— ont rapidement confirmé leur présence. D’autres ont déjà, symboliquement, signé et ratifié l’accord. C’est le cas de trois petits états insulaires : les îles Marshall sont ainsi le troisième pays à avoir ratifié l’accord après les iles Fidji et Palau en février dernier. Mais tous les Etats ne semblent pas aussi pressés...

Au niveau européen

L’Union européenne (UE) sera représentée par la Commission à la cérémonie du 22 avril. Il n’en est pas moins que pour l’UE, le climat est redescendu très bas dans les priorités de l’agenda politique. La crise des réfugiés a ainsi poussé le sujet hors de l’agenda du Conseil européen du 17 mars. Il semble que le président du Conseil européen Donald Tusk ne souhaite pas ouvrir la discussion politiquement difficile du rehaussement des ambitions climatiques pour le moment. L’Accord de Paris, qui mentionne la volonté de poursuivre « l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C », impliquerait en effet que l’ensemble des pays revoient à la hausse leurs objectifs climatiques.

Le débat n’en est pas pour autant cadenassé et sans espoir : plusieurs pays [1], dont la Belgique, se sont prononcé en faveur de l’ouverture de la discussion lors du Conseil des ministres de l’Environnement du 4 mars. Mais l’UE est actuellement très fragilisée par les tensions internes entre les Etats membres, et le moment n’est pas venu pour un débat climatique qui rajouterait une opposition Est-Ouest. La révision des objectifs fixés à l’horizon 2030 n’est donc pas pour tout de suite et tous les appels à rehausser les ambitions [2] devront peut-être encore pousser un peu plus l’UE.

Au niveau belge

Alors que la ministre fédéral Marghem encourage à l’ambition et à l’établissement d’une stratégie long terme, envisage pour 2018-2019 des plans intégrés énergie-climat portant sur l’horizon 2030-2050, prépare un pacte énergétique et semble proposer un débat sur la taxe carbone [3], les gouvernements wallon et flamand semblent plus pragmatiques dans la démarche : en Wallonie, le 21 avril prochain, aura lieu un gouvernement spécial COP21 qui visera à adopter des mesures concrètes pour assurer la mise en œuvre de l’Accord de Paris en Région wallonne ; la Flandre quant à elle a annoncé deux « sommets climat » pour cette année 2016, l’un le 19 avril avec la société civile, l’autre en automne au niveau politique.

Gageons qu’il en sorte des échéanciers concrets et des mesures de suivi cohérentes qui dépasseront les horizons électoraux.

Tags: Climat

[1Ces pays sont globalement d’Europe de l’Ouest, il s’agit de : la Belgique, l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Autriche, le Danemark, la Grèce, le Luxembourg, le Portugal, la Slovaquie et la Suède.

[3Voir discours du 11 mars 2016 donné par la Ministre lors du Stakeholder’s meeting CCPIE.

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