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Climat : révolution en Wallonie ?

Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie Stefaan Declercq Stefaan Declercq Christophe Schoune Christophe Schoune ...
19 avril 2016

Chacun pense être au courant de ce que sont les changements climatiques. Mais réalisons-nous réellement l’ampleur des enjeux ? A-t-on conscience de ce que serait un monde à +4°C, une augmentation moyenne de température vers laquelle l’on se dirige si des actions complémentaires ne sont pas prises : des populations entières déplacées par la montée des eaux, par des conflits liés aux ressources devenues insuffisantes et à des événements climatiques extrêmes, une économie lourdement impactée entraînant des inégalités toujours plus grandes tant au Nord qu’au Sud.

Eviter ce scénario est bien l’ambition de l’accord signé à Paris en décembre. Les responsables politiques avaient alors enchaîné les déclarations sur l’urgence d’agir. Première concrétisation de ces déclarations, le gouvernement wallon se réunira ce jeudi 21 avril pour un « Gouvernement spécial climat » afin de coordonner l’action climatique de la Région. Aujourd’hui, la Wallonie a fait le plus facile en se dotant d’objectifs de réduction d’émissions à long terme de 80 à 95 % d’ici à 2050. Mais le plus dur reste à faire : décliner les politiques pour atteindre lesdits objectifs. Que signifie concrètement une Wallonie « décarbonnée » en 2050 ?

Pour s’en rendre compte, des outils ont été créés par la Région. Rendez-vous sur le site www.wbc2050.be (« wbc » pour Wallonie bas carbone) qui vous propose de prendre pendant quelques minutes les commandes de la transition ! Ce simulateur vous permet de décider de la part des énergies renouvelables, de la consommation d’énergie, de la place de la voiture individuelle dans les transports… et mesure l’impact de « vos » décisions sur les émissions de gaz à effet de serre. L’exercice est stupéfiant : aucun scénario ne tient la route sans, par exemple, transformer la quasi-totalité de notre parc immobilier en immeubles « bas carbone », sans baisser significativement notre soif de transport en se réorientant massivement vers le transport en commun ou les modes doux, ou sans passer à quasi 100 % d’énergie renouvelable… Un véritable changement de paradigme est donc indispensable pour laisser aux jeunes générations une planète viable : la Wallonie doit respecter ses engagements internationaux, y compris l’appui aux populations du Sud, qui souffrent déjà du réchauffement. Des mesures ambitieuses et concrètes sur le bâti, dans les transports, le commerce, les énergies renouvelables, l’industrie, l’agriculture et l’alimentation sont impératives. L’établissement de trajectoires d’émissions à court terme qui soient en ligne avec l’objectif de 2050 et la mise en place de monitoring et de mécanismes correctifs pour qu’elles soient respectées sont indispensables dès maintenant ! Elles permettront de constater la totale inadéquation de certains projets autoroutiers ou énergétiques actuellement en discussion avec les objectifs climatiques. (S’)Investir, dès aujourd’hui, dans une politique climatique ambitieuse est en outre la meilleure option pour créer des emplois de qualité au service d’une économie réelle et juste qui abolira les inégalités sociales.

En décembre dernier, à l’issue de la conférence de Paris, le ministre-Président Magnette s’enflammait : « Le premier accord universel sur le climat est signé à Paris, l’humanité reprend espoir… il va falloir créer de l’engouement. » L’engouement, depuis lors, fut relatif. Le gouvernement climat wallon de ce jeudi 21 avril est une occasion unique pour se ressaisir et considérer l’enjeu climatique comme une opportunité d’engendrer de nouvelles formes de bien-être et de prospérité. Nous, membres de cette société civile, des syndicats, des ONG n’accepterons pas de fausses solutions, des simples déclarations d’intentions ou le recyclage de mesures insuffisantes. Ce 21 avril, le gouvernement wallon doit lancer la révolution climatique de l’après Paris.

Tags: Climat

Source : tribune publiée dans La Libre le 19 avril 2016.

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