×

De l’Agenda du Millénaire à l’Agenda 2030

Benjamin Van Cutsem Benjamin Van Cutsem
14 mars 2016

Les nouveaux Objectifs de développement durable sous la loupe.

POINT SUD, les études du CNCD-11.11.11 | n°14 | mars 2016.

Résumé exécutif. L’année 2016 marque la mise en œuvre du nouvel agenda pour le développement. Celui-ci, intitulé « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 », définit 17 nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) de portée universelle ayant notamment pour vocation de transcender le clivage traditionnel Nord-Sud.

Au-delà de ce caractère universel qui suppose que tous les États sont appelés à réaliser ces 17 objectifs, l’agenda post-2015 ambitionne de modifier les modèles économiques des sociétés, par l’adaptation de nos modes de consommation et de production au bénéfice du bien-être humain et de la planète. Il est également sous-entendu que tous les gouvernements et autorités politiques ne pourront se satisfaire d’un « picking » parmi les ODD en fonction de leurs priorités nationales. Enfin, aucun objectif ne sera considéré comme réalisé tant qu’il n’est pas atteint par tous les groupes cibles, aussi vulnérables soient-ils. Lutter contre les inégalités constitue sans doute l’un des enjeux les plus essentiels dans la réalisation de ces ODD. Leur caractère pluridimensionnel laisse entendre que les réduire impactera naturellement la réalisation de tous les autres objectifs poursuivis.

Face à ces défis, chacun devra agir en fonction de ses capacités propres et de son impact historique sur les écosystèmes, ainsi que son degré de développement. Le principe de responsabilités communes mais différenciées permet donc à tous les États d’être pleinement acteurs du développement durable, en pleine considération de leur propre singularité, et de s’inscrire dans une trajectoire de transition collective vers un monde plus juste. La réalisation des ODD dépendra également des capacités statistiques des pays en développement, sans lesquelles il ne pourra être possible d’évaluer les progrès enregistrés et d’orienter le cas échéant les politiques pour les rendre plus efficientes. Cette réalisation dépendra également de la mise à disposition de moyens de financement de grande ampleur, au regard de l’ambition du prochain agenda de développement. L’approche financière devra garantir une réelle « transversalité » entre les différents ODD et non se cantonner à une approche en silo qui, dans le cas des précédents Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), a généré de véritables îlots de financement.

Au-delà de ce constat, les OMD ont débouché sur de réelles avancées dans de nombreux domaines, mais ces progrès ont été inégaux en fonction des zones géographiques : ils ont globalement été significatifs dans les pays d’Asie orientale et en Amérique latine, mais beaucoup moins en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Par ailleurs, les ODD s’attachent tant aux dimensions économique, environnementale et sociale, là où les OMD se limitaient globalement à cette dernière. Raison sans doute pour laquelle les Objectifs de développement durable sont deux fois plus nombreux et font preuve de plus d’ambition. Toutefois, se pose toujours la volonté de remise en question de la croissance en tant que principal objectif de développement. Le fait que les ODD prônent la transition vers de nouveaux modes de production et de consommation et qu’ils s’engagent à lutter à part entière contre les inégalités peut supposer un engagement vers un changement de paradigme là où les précédents objectifs avaient échoués. Reste à savoir s’il ne s’agit pas d’une simple compilation de bonnes intentions ou si, au contraire, une véritable volonté politique s’est faite jour dans le chef des gouvernements de tous les États membres des Nations Unies, en vue de réaliser ce nouvel agenda du développement.

Enfin, contrairement aux OMD qui ont été élaborés par un petit groupe d’experts des Nations Unies, le processus d’élaboration des ODD a montré que la large participation des États membres et des parties prenantes assure un fort sentiment d’appropriation et favorise une « adhésion » à grande échelle. Finalement, cette participation a garanti que diverses questions, appartenant aux deux voies de l’environnement et du développement, sont intégrées dans ce programme audacieux de développement durable.

Cette étude vise à mettre en exergue les différentes avancées et défis que suppose la réalisation de ces Objectifs de développement durable. Pour ce faire, il importe notamment de s’appuyer sur les enseignements tirés de la réalisation des OMD.

Qui ? Benjamin Van Cutsem
Adresse Quai du Commerce, 9 - 1000 Bruxelles
Téléphone +32 250 12 30

Inscrivez-vous à notre Newsletter