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Gaza : « Manifester est un droit. La vie des manifestants palestiniens doit être protégée »

Nathalie Janne d'Othée Nathalie Janne d’Othée
26 avril 2018

Ce vendredi 27 avril sera le cinquième vendredi de manifestation à Gaza. Chaque semaine, le macabre décompte se poursuit, le nombre de morts et de blessés palestiniens ne cesse d’augmenter. Et pourtant, malgré les appels de la communauté internationale, Israël continue à tirer à balles réelles. La Plateforme Moyen-Orient du CNCD-11.11.11 appelle la Belgique et l’Union européenne à agir d’urgence pour protéger la vie des civils Palestiniens et mettre fin à la catastrophe humanitaire à Gaza.

A l’appel d’une vingtaine d’organisations de la société civile, les Palestiniens de Gaza ont entamé le 30 mars dernier six semaines de manifestations le long de la frontière avec Israël. Le mouvement est censé aboutir le 15 mai, jour de commémoration de la Nakba, la « catastrophe » (en arabe) vécue par les Palestiniens en 1948. L’objectif de la mobilisation est double : rappeler le droit au retour des Palestiniens et attirer l’attention sur les conditions de vie catastrophiques à Gaza, dues au blocus illégalement imposé au territoire depuis 2006 et aux attaques militaires répétées.

Depuis le début, l’armée israélienne n’hésite pas à tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Depuis le 30 mars, 35 Palestiniens ont été tués, parmi lesquels deux journalistes, 2596 Palestiniens ont été hospitalisés, dont 1499 blessés par des tirs à balles réelles israéliens [1]. Les hôpitaux de la bande de Gaza ont déclaré un état d’urgence. Le système des soins de santé qui pâtit du manque de carburant et de médicaments à cause du blocus ne peut en effet supporter cet afflux supplémentaire de patients. Par ailleurs, le type de balles utilisées par l’armée israélienne entraine une multiplication des amputations.

L’Union européenne a, à maintes reprises, demandé à Israël de s’abstenir de recourir à la force létale contre des manifestants non-armés. Plusieurs experts des Nations Unies ainsi que la Procureur de la Cour pénale Internationale ont en outre rappelé que de tels actes pouvaient constituer des crimes de guerre en vertu du Traité de Rome. Tous ont demandé une enquête indépendante sur les faits, demande jusqu’ici rejetée par Israël.

« La vie des manifestants palestiniens doit absolument être protégée », souligne Nathalie Janne D’Othée, coordinatrice de la plateforme Moyen-Orient. « Il est nécessaire que la Belgique et l’Union européenne exercent davantage de pressions sur Israël afin qu’il respecte le droit des Palestiniens à manifester et qu’il mette fin au blocus illégal sur la bande de Gaza. Il est par ailleurs indispensable qu’une enquête indépendante sur les faits soit menée afin de déterminer qui sont les responsables de ces assassinats  ». Contrairement à l’Union européenne, la Belgique ne s’est, à ce jour, pas encore exprimée sur les manifestations à Gaza. La Plateforme Moyen-Orient du CNCD-11.11.11 appelle donc la Belgique à prendre position contre l’utilisation de la force létale contre des citoyens non-armés et à demander une enquête indépendante sur les faits.

[1Chiffres provenant des Nations Unies et de l’organisation palestinienne de défense des droits humains Al Mezan

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