Communiqué de presse

Pour une levée immédiate du blocus sur la bande de Gaza

15 mai 2018

Ce lundi à Gaza, l’armée israélienne a ouvert le feu sur les manifestants palestiniens, faisant 57 morts et quelque 2.000 blessés. Ce nouvel afflux de blessés rend la situation humanitaire à Gaza insoutenable, submergeant les hôpitaux déjà dépourvus des médicaments, matériaux et personnel suffisants à cause du blocus. Le Ministre des Affaires étrangères Reynders a condamné l’usage disproportionné de la force par Israël mais le CNCD-11.11.11 demande aussi au gouvernement belge ainsi qu’à l’Union européenne d’exiger d’Israël une levée immédiate du blocus qu’il impose illégalement au territoire palestinien.

Alors que le déménagement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem était célébré en grande pompe, un bain de sang a eu lieu hier dans la bande de Gaza. L’armée israélienne a ouvert le feu sur des manifestations largement pacifiques. Plusieurs experts des Nations Unies, ainsi que la Procureur de la Cour pénale Internationale, ont récemment rappelé que de tels actes pouvaient constituer des crimes de guerre en vertu du Traité de Rome.

Selon l’organisation de droits humains palestinienne Al Mezan, l’armée israélienne a tué 57 Palestiniens, parmi lesquels 42 participaient à des manifestations pacifiques. 2.000 Palestiniens ont été blessés, dont 1.114 par des tirs à balles réelles. Parmi les blessés se trouvent 304 enfants, 77 femmes, 10 journalistes et 3 médecins. Depuis le 30 mars dernier, les Palestiniens de Gaza manifestent dans le cadre de la « Marche du Grand Retour » pour demander la reconnaissance de l’exil forcé de leurs foyers il y a 70 ans, et le droit d’y retourner. S’ils prennent le risque de s’exposer aux tirs à balles réelles de l’armée israélienne, c’est parce que les conditions de vie à Gaza sont devenues inhumaines à cause du blocus illégal imposé par Israël.

Les restrictions à l’importation, à l’exportation et à la libre circulation des personnes entrainent en effet un réel « dé-développement » de la bande de Gaza. Le taux de chômage s’élève à 42%, dépassant les 60% chez les jeunes. L’armée israélienne empêche en outre les agriculteurs d’accéder à leurs champs lorsqu’ils se situent à moins de 1,5 km de la frontière. De même, il empêche les pêcheurs de dépasser 6 milles nautiques des côtes, les cantonnant dans les eaux non-poissonneuses. Depuis l’année dernière, l’électricité n’est accessible en moyenne que 4 heures par jour.

La situation humanitaire dramatique a été encore exacerbée par le blocage des initiatives de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, l’Autorité Palestinienne refusant de payer les salaires de milliers de fonctionnaires et refusant de payer la facture pour l’électricité importée d’Israël. Rajouté aux coupes dans le budget de l’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, ces mesures ont fait monter en flèche la pauvreté à Gaza. En tant que puissance occupante, Israël est le premier responsable de cette situation au regard du droit international.

Aujourd’hui, les 2.000 blessés des manifestations du 14 mai s’ajoutent aux 7.900 blessés des précédents vendredis de manifestations, rajoutant une pression insupportable sur un système de santé déjà en état d’urgence. Par ailleurs, Israël a refusé l’entrée de personnel médical supplémentaire à Gaza et a refusé d’octroyer des permis aux patients qui nécessitent des soins vitaux dispensés uniquement en Cisjordanie.

« Il est urgent qu’Israël donne accès à la bande de Gaza au personnel, médicaments et matériel médical nécessaires et accorde des permis afin que les blessés les plus graves puissent être soignés en Cisjordanie  » souligne Nathalie Janne d’Othée, chargée de plaidoyer sur le Moyen-Orient au CNCD-11.11.11. « Mais il est tout aussi essentiel que des pressions internationales soient exercées sur le gouvernement israélien pour que d’une part il mette fin à l’usage illégal de la force létale contre des manifestants palestiniens majoritairement pacifiques, et que d’autre part, il lève le blocus qu’il impose illégalement à la bande de Gaza. La situation actuelle à Gaza ne peut plus durer, elle est inhumaine ».

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