BNP Paribas spécule sur les denrées alimentaires. Que fait le gouvernement belge ?


Mise en ligne le 4 septembre 2012
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Communiqué de presse, 4 septembre 2012 - DeWereldMorgen.be révélait lundi dernier que la banque BNP Paribas a lancé en 2010 un fonds spéculatif   « Opti hedge » [1] spécialisé sur les cours des matières premières, dont les denrées alimentaires [2] .

Comme le reconnaissent la plupart des experts ainsi que le rapporteur spécial de l’ONU Olivier De Schutter, les phénomènes de spéculation massive sur les produits dérivés   basés sur les denrées alimentaires contribuent à amplifier la volatilité extrême des prix des aliments, au détriment des plus pauvres. « Pour les ménages des pays du Sud, qui dépensent typiquement entre 60 et 80% de leur budget en alimentation, toute variation à la hausse du prix des céréales signifie plonger dans la faim et l’extrême pauvreté. En d’autres termes, spéculer sur les matières premières agricoles signifie spéculer sur la faim  » souligne Virginie Pissoort de SOS-Faim.

« Nous demandons donc d’urgence au gouvernement belge et particulièrement au ministre des finances Steven Vanackere de prendre leurs responsabilités, y compris au sein du conseil d’administration de BNP Paribas  », insiste Stéphane Desgain du CNCD-11.11.11. On sait en effet que l’Etat belge est, depuis le rachat de Fortis, l’un des principaux actionnaires de BNP Paribas.

La directive européenne « Mifid » est le principal instrument législatif européen pour contrôler les marchés financiers. La révision de cette directive est actuellement en débat au sein du Conseil et du Parlement européen et pourrait permettre d’interdire ou encadrer strictement les phénomènes de spéculation sur les denrées alimentaires. Quelle est la position qu’entend défendre le gouvernement belge au sein du Conseil sur ce sujet ? Rappelons que 19 ONG belges ont écrit à ce sujet au gouvernement et au ministre Vanackere le 19 mars dernier sans obtenir de réponse à ce jour.

L’article de DeWereldMorgen.be mentionne également des éléments troublants quant à l’éventuelle offre auprès du public belge de produits financiers liés au fonds « Opti Hedge ». De telles pratiques seraient contraires au moratoire   volontaire lancé par l’Autorité des services et marchés financiers sur la commercialisation auprès du public de produits financiers complexes. Ceci démontre la nécessité de transformer ce simple moratoire volontaire et non contraignant en une véritable loi qui s’impose à tous les acteurs du marché.

« De nombreuses banques européennes ont déjà décidé de se retirer du marché de la spéculation sur les denrées alimentaires afin de ne plus participer à cette activité éthiquement condamnable. Qu’attendent les banques belges pour emboîter le pas à leurs consœurs ?  » soulève Thierry Kesteloot d’Oxfam.

Un communiqué du CNCD-11.11.11, SOS Faim & Oxfam-Solidarité

Contacts presse

Stéphane Desgain, CNCD-11.11.11 (+32.475.76.90.61)
Thierry Kesteloot, Oxfam Solidarité/Solidariteit (+32.475.54.37.23)
Virginie Pissoort, SOS Faim (+32.478.49.66.84)

Notes