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Depuis le début des années 2010, l’aide publique belge au développement représente une des principales variables d’ajustement budgétaire du gouvernement belge. Après des coupes cumulées de 900 millions d’euros sous le gouvernement Di Rupo, le gouvernement Michel va encore plus loin, puisqu’il avait prévu en début de législature des coupes pour un montant cumulé de 1,125 milliard, auxquelles se sont ajoutées lors des conclaves budgétaires des coupes pour un montant cumulé de 450 millions.

Alors que la réduction du budget de la Coopération belge au développement ont déjà mis à mal les capacités de la Coopération belge à répondre efficacement aux défis du développement durable, les coupes les plus importantes sont à venir, puisque le gouvernement Michel avait décidé de coupes croissant linéairement jusqu’en 2019 – de 150 millions en 2015 à 270,3 millions en 2019. De nouvelles coupes additionnelles ne sont en outre pas à exclure !

C’est pourquoi 111 personnalités issues de tous les secteurs de la société civile, des deux côtés de la frontière linguistique, lancent un appel pour revaloriser l’aide belge au développement et adopter un plan de croissance de l’aide belge en vue d’atteindre à terme l’engagement international des 0,7% du revenu national brut.

Les 111 personnalités signataires sont issues du monde académique (les recteurs des universités et des professeurs de renommée internationale tels que Jean-Pascal van Ypersele, Françoise Tulkens, Olivier De Schutter ou encore Philippe Van Parijs), du monde économique (Thomas Leysen, Eric Domb, Etienne de Callatay, Arnaud Deplae, etc.), du monde culturel (de Fabrice Murgia à Stijn Coninx, en passant par Thomas Gunzig, Pierre Kroll ou David Murgia) et des organisations sociales (dont les responsables des mutuelles et des syndicats). Un appel qui avait également été signé quelques jours avant son décès par Philippe Maystadt, l’ex-président de la Banque européenne d’investissement.

Leur message : si l’aide publique au développement n’est pas la panacée, elle représente un instrument unique pour intervenir dans des contextes risqués et répondre aux défis du développement durable dans les zones les plus pauvres du monde. Une aide suffisante est dès lors non seulement dans l’intérêt des pays pauvres, mais aussi dans le nôtre, car elle contribue à enrayer les « effets boomerang » engendrés par la pauvreté et les conflits dans le voisinage européen.

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