AG des Nations Unies

Ambiance de guerre des tranchées pour la préparation de l’après-OMD

Les Nations Unies s’accordent officiellement sur la voie à suivre au-delà de 2015 pour le développement. Mais dans le fond, la guerre des tranchées entre groupes de pays continue !

L’évènement spécial des Nations Unies sur les Objectifs du millénaire sur le développement (OMD) et sur l’agenda du développement post-2015 vient de s’achever avec l’adoption du document final. Comme on pouvait s’y attendre, son contenu est suffisamment général que pour rester consensuel. L’inclusion de la paix et de la sécurité, la nécessité d’une gouvernance démocratique et de l’état de droit, ou encore l’attention particulière pour le genre, tous les grands thèmes s’y retrouvent. Pourtant, on sent bien que les mois qui viennent seront déterminants, afin que cette liste ambitieuse visant à ce que « personne ne soit laissé de côté  » [1] soit traduite dans des objectifs et des indicateurs concrets.

On peut en effet se réjouir d’une convergence dans les interventions des États lors de cet évènement spécial sur les OMD et l’avenir du développement après 2015. Tous désormais sont convaincus de la nécessité d’avancer selon un cadre et un set d’objectifs uniques, réunissant les deux faces de la pièce que sont la lutte contre la pauvreté et le développement durable. Plusieurs échos également des trois principes fondamentaux défendus par le CNCD-11.11.11 pour le post-2015 : se baser sur la défense des droits humains, faire de la lutte contre les inégalités une priorité, tenir compte des limites de la planète.

Le Premier ministre norvégien a par exemple plaidé dans son intervention en faveur de «  sources d’énergie durables pour tous, mais également pour la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre  ». Ou encore l’appel à une «  croissance zéro-carbone  » pour soutenir les pays en développement dans leurs efforts par le Suriname.

Cependant, nous n’avons pas aujourd’hui d’engagement ferme à s’attaquer aux causes systémiques de la pauvreté et des inégalités. Et les allusions aux réformes nécessaires de notre système financier international ou encore nos changements de modes de production et de consommation, sont restés timides. Nous sommes restés dans une guerre de tranchées des différents groupes de pays à l’ONU. Le G77 réunissant les pays en développement et la Chine a ainsi refait son plaidoyer pour que le principe des « responsabilités communes mais différenciées » hérité de la Conférence de Rio (1992), soit remis au centre du prochain cadre de développement après 2015. La question des responsabilités historiques, tant pour les émissions de gaz à effet de serre, mais également en ce qui concerne les coopérations au développement traditionnelles a été amenée par la Chine, affirmant dans son intervention que « la coopération Nord- Sud doit rester le canal principal pour le développement, même si la coopération Sud-Sud est en route  »

Présent à New York, où il participe également à l’initiative internationale « Au-delà de 2015  », campagne de plus de 800 organisations de la société civile, le CNCD-11.11.11 tient à rappeler que plus que jamais, nous aurons besoin de gouvernements qui s’impliquent dans le processus, en garantissant sa transparence et son accessibilité aux premiers concernés ainsi qu’aux organisations qui les représentent.

« Le processus s’accélère maintenant, et la balle est dans le camp du nouveau président de l’AG des Nations Unies, John Ashe (Antigua et Barbade). Nous demandons dès lors à notre gouvernement, représenté en force à cette AG des Nations Unies, par le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, ainsi que le ministre de la Coopération, de maintenir le cap de retour en Belgique. En effet, il faudra maintenant participer activement au groupe de travail sur le financement des objectifs de développement durable et du développement au-delà de 2015. C’est maintenant que ça démarre, et il faudra s’assurer qu’il y ait une concertation avec la société civile active sur le sujet  », conclut Oumou Zé, coordinatrice de la recherche au CNCD-11.11.11.

[1Titre du rapport du Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-moon