Au Sénégal, conserver ses terres, avec le soutien de l'Opération 11.11.11
© Yann Verbeke

Au Sénégal, conserver ses terres, avec le soutien de l'Opération 11.11.11

Un des principaux problèmes rencontrés par les paysannes et les paysans d’Afrique concerne le foncier. Ils ne disposent pas de titre foncier reconnu leur permettant de s’opposer à des accaparements qu’ils soient des autorités locales ou des investisseurs étrangers. Mais des organisations paysannes se mobilisent. Comme au Sénégal, à travers le projet « Conserver ses terres » menée par des associations locales, avec le soutien de l’ONG SOS Faim et de l’Opération 11.11.11.

Ndioufa Sow habite le village de Koulouck Wolof, dans la région de Thiès au Sénégal. Depuis le décès de son mari, elle est devenue chef de l’exploitation familiale. Sur une superficie totale de 5 ha, la famille de Ndioufa Sow produit du mil et de l’arachide. Depuis quelques années, elle consacre une partie de son terrain à la culture maraîchère, notamment pour la production de l’oignon.

L’exploitation produit suffisamment de céréales et de légumes pour nourrir toute la famille. Quand la récolte est abondante, elle vend une partie de ses oignons au marché local. Elle peut ainsi acheter d’autres vivres comme du riz et de l’huile mais aussi financer la scolarité de ses enfants et faire certains investissements. « Vendre me permet de changer notre vie . »

Ndioufa Sow
Ndioufa Sow
© Yann Verbeke

Dans la région de Thiès, comme ailleurs au Sénégal, la plupart des exploitations familiales ne disposent pas de titre foncier. La terre est généralement exploitée de génération en génération sans que celle-ci en soit officiellement propriétaire. Cela signifie que, du jour au lendemain, une famille peut se retrouver privée de sa terre sans pouvoir contester. C’est ce qui menaçait d’arriver à Ndioufa Sow. À la mort de son époux, sans titre de propriété, elle ne disposait d’aucun document officiel prouvant que son principal outil de travail, la terre, appartenait à sa famille. « Ceux qui n’ont pas de terre, ont des problèmes pour produire et se nourrir. Car nous nous nourrissons de ce que nous produisons. Nous ne pouvons pas gagner notre pain ailleurs. »

Accompagnée par l’association Jig-Jam, elle-même membre de l’organisation paysanne nationale « FONGS », elle a entamé une bataille pour obtenir le droit de poursuivre son activité sur les terres familiales. Jig-Jam réalise un travail de plaidoyer auprès des élus locaux afin qu’ils octroient des « délibérations », un document officiel qui sécurise les terres des paysans. Jig-Jam a formé des animatrices et des animateurs. Ils nous ont fait prendre conscience des trésors que recèle la terre et de l’importance de la sécuriser.

« On entend parfois à la radio que l’Etat a pris la terre à des paysans, que des paysans perdent leurs terres. Mais si nos terres sont sécurisées, nous n’avons plus à nous inquiéter. Nous pouvons cultiver la terre et un jour la léguer à nos enfants. »

https://vimeo.com/106265739

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Avec l'Opération
11.11.11

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