Burundi : la société civile ne reconnaîtra pas le troisième mandat
La société civile burundaise ne reconnaîtra pas le président Pierre Nkurunziza après l’échéance de son second mandat, le 26 août prochain. Largement boycottée par la population, l’élection présidentielle qui s’est tenue ce mardi 21 juillet a constitué un « putsch contre l’accord d’Arusha et contre la Constitution », font valoir les organisations de la société civile dans une déclaration commune.
Le scrutin présidentiel organisé ce mardi s’est déroulé dans le calme au Burundi, malgré des incidents violents la nuit précédant le vote. Le président sortant Pierre Nkurunziza est assuré de remporter la mise, puisque l’élection a été largement boycottée. « L’affluence a été moindre encore que celle vue lors des élections législatives » du 29 juin, qui ont vu la victoire du parti au pouvoir CNDD-FDD, explique Vital Nshimirimana, délégué-général du FORSC. Le Forum des Organisations de la Société Civile est le principal partenaire du CNCD-11.11.11 au Burundi.
Les observateurs, tant burundais qu’issus de la communauté internationale, avaient d’ailleurs refusé de suivre un scrutin tronqué d’avance.
Au lendemain du vote, alors que les résultats n’ont pas encore été annoncés, la société civile a déjà fait connaître son verdict.
« Les organisations de la société civile condamnent le forcing électoral du Président Nkurunziza, qui parachève un putsch contre l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et contre la Constitution de la République du Burundi qui consacrent le principe de l’alternance démocratique à la tête de l’Etat et n’autorisent plus de deux mandats à aucun président du Burundi depuis le 28 août 2000 », font valoir les organisations membres
organisations membres
ONG membres
de la campagne Halte au troisième mandat, dans une déclaration commune.
Elles « déclarent qu’elles ne reconnaitront plus Monsieur Pierre Nkurunziza comme président du Burundi passé le 26 aout 2015, date de la fin de son deuxième mandat constitutionnel » et « appellent toutes les forces vives de la Nation à se mettre ensemble sans tarder pour trouver une alternative démocratique à la crise actuelle ».
Pour Vital Nshimirimana, la situation risque de dégénérer : la Constitution et l’Accord d’Arusha étaient en effet « les outils principaux de la cohésion » car ils garantissaient un partage équitable du pouvoir. « Aujourd’hui, on se retrouve dans une situation qui prévalait avant l’Accord d’Arusha », note le délégué-général du FORSC, qui s’exprime aussi au nom de la campagne Halte au troisième mandat. Un constat lourd de menaces quand on sait que l’accord a contribué à mettre fin à près d’une décennie de guerre civile…



