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Droits des paysans : la Belgique schizophrène ?

Benjamin Van Cutsem Benjamin Van Cutsem
11 avril 2016

Au même titre que les femmes ou les peuples autochtones, les paysans et autres personnes travaillant en zones rurales constituent un groupe vulnérable à part entière. Victimes de la faim, de désappropriations foncières, de discriminations, d’exactions, d’acculturation ou de violences physiques et psychologiques, les paysans militent pour que leurs droits soient reconnus et renforcés par un instrument juridique international spécifique.

Fort de cette revendication portée par Via Campesina (le plus grand mouvement paysan international), le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies a approuvé, en septembre 2012, la création d’un groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée chargé de rédiger une déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant en zone rurale. Deux sessions de négociations ont abouti à un premier draft de déclaration. Une nouvelle session est prévue du 17 au 20 mai prochain en vue de conforter les avancées constatées.

Toutefois, malgré la légitimité des revendications des mouvements paysans en vue d’obtenir un instrument juridique propre de protection, force est de constater que des oppositions sérieuses existent. Les Etats occidentaux, dans leur grande majorité, ne font guère preuve de volonté politique quant à une adoption finale de ladite déclaration en faveur des paysans. La Belgique, plus que frileuse, justifie ses réticences par des arguments juridiques peu convaincants : le principe d’universalité des droits de l’Homme et la nécessité d’éviter la multiplication d’instruments de protection qui leurs sont propres.

L’enjeu actuel est de rappeler aux Etats l’impérieuse nécessité de protéger celles et ceux dont les productions sont fondamentales à la sécurité alimentaire de tous et à la réalisation pleine et entière du droit à l’alimentation. Les autorités belges doivent être d’autant plus interpellées que la Belgique est à nouveau membre du Conseil des droits de l’Homme, depuis janvier 2016, pour un mandat de trois ans. De plus, s’opposer à une telle déclaration va à l’encontre même des priorités concrètes que la Belgique se donne en matière de coopération au développement, à savoir l’agriculture familiale et l’approche droit de l’homme.

Téléchargez l’analyse ci-dessous pour approfondir le sujet.

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Qui ? Benjamin Van Cutsem
Adresse Quai du Commerce, 9 - 1000 Bruxelles
Téléphone +32 250 12 30

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