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Journée internationale des droits des femmes

La priorité ? Un accueil adéquat pour les femmes migrantes

8 mars 2016

Plusieurs associations, dont celles qui organisent la Marche mondiale des Femmes le 8 mars à Bruxelles, rejointes par un grand nombre de personnalités, signent cette tribune consacrée aux violences extrêmes auxquelles sont exposées les femmes migrantes, lors de leur parcours mais aussi à leur arrivée en Belgique.

« Un jour, j’ai rencontré Mariam. Elle venait de traverser une partie de la Méditerranée puis de l’Europe, fuyant son pays en guerre. Lors de son périlleux voyage, elle a dû faire face à la solitude, à l’épuisement et la peur, mais aussi aux violences sexuelles perpétrées par des passeurs, sans compter le risque de tomber dans des réseaux de trafiquants d’êtres humains. Trop souvent elle n’a pu compter que sur elle-même… mais elle a réussi à s’en sortir grâce à sa détermination. Aujourd’hui elle essaie de se faire une place en Belgique, mais elle reste confrontée à de nombreux obstacles, comme le risque de devenir une sans-papiers…  ». Des témoignages comme celui de Mariam, Sabine en entend tous les jours… Elle apporte un soutien précieux à des femmes comme Mariam via l’association dans laquelle elle travaille. Pourtant, cet accompagnement indispensable est menacé par les politiques d’austérité.

En effet, sans aide financière suffisante de l’Etat, les combats menés par les associations luttant pour les droits des femmes seront plus difficiles à poursuivre, alors même qu’ils sont plus que jamais nécessaires. Défendre leur dignité d’être humain, veiller au respect de leurs droits, c’est la priorité de ces associations. Cela passe entre autres par la diffusion d’information et l’apport d’un soutien concret en matière de santé sexuelle et reproductive, en matière d’accompagnement dans des situations de violence, ou encore d’appui aux démarches d’intégration des femmes migrantes. Faute de subsides, des milliers de femmes migrantes, demandeuses d’asile, mais aussi des sans-papiers en situation souvent précaire, perdront leur dernier rempart face à l’exclusion de la société.

A l’heure actuelle, la question des violences de genre et des persécutions subies par les femmes et les filles, autant durant leur périple qu’une fois arrivées sur notre territoire, n’est pas encore suffisamment intégrée dans la prise en charge et l’accompagnement des migrantes et réfugiées. Pourtant, de nombreuses organisations internationales telles que la Women Refugee’s Commission , Amnesty International ainsi que le Haut-Commissariat aux réfugiés et le Fonds pour la Population des Nations Unies ont récemment souligné les risques spécifiques auxquels font face femmes et enfants lors de leur parcours pour arriver en Europe (et la traverser) : violences physiques, viols et abus sexuels, prostitution, enlèvement par des réseaux de traite d’êtres humains.

Malgré l’adoption du Plan national de lutte contre toutes les violences basées sur le genre 2015-2019, la mise en œuvre de la politique d’asile et de migration fait peu de cas du statut particulièrement précaire de ces femmes. Une insensibilité au genre qui ne doit pas durer : il est urgent de se pencher sur le financement des mesures prévues par ce plan ou sur les indicateurs choisis pour évaluer sa mise en place.

Nous demandons que la Belgique garantisse un accueil digne et de qualité pour les femmes réfugiées et migrantes qui arrivent en Europe à travers des financements structurels adéquats. Face à une baisse des subsides et pour un accueil de qualité, marchons ! Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous marcherons !

La Marche Mondiale des Femmes (MMF) est un réseau mondial féministe de lutte contre la pauvreté et la violence envers les femmes, en Belgique elle est composée d’une centaine d’associations. Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, nous marchons pour dénoncer les conséquences néfastes des coupes budgétaires sur les organisations de femmes, en particulier celles qui luttent contre les violences de genre et qui accueillent des femmes migrantes et réfugiées.

Signataires :

Les membres de la Marche Mondiale des Femmes Belgique : VOK ; IVCA (Intercultureel Vrouwencentrum Antwerpen) ; Le Monde Selon les Femmes ; FIREFEC ; NVR ; CSC ; FGTB Bruxelles ; Conseil des Femmes Francophones de Belgique, ACV Gender ; Oxfam-Solidarité ; Entraide et Fraternité ; Young Feminists Europe ; FPS ; Caravane Pour la Paix et la Solidarité (ASBL) ; l’ACRF Femmes en milieu rural ; Coordination liégeoise Marche Mondiale des Femmes ; Coordination Bruxelles Marche Mondiale des Femmes ... www.marchemondiale.be

D’autres organisations extérieures à la marche : Plateforme citoyenne ; Comité Femmes sans-papiers ; V’la la Facture ; Vrouwen in het Zwart Leuven ; Platform Vrouwenkracht Kempen ; La Coordination des femmes solidaires d’Ans ; ELLA vzw ; AWSA-Be ASBL ; 11.11.11 / CNCD-11.11.11 / Be-gender ; Ligue des droits de l’Homme ; CNE ; si jeunesse savait pays (RDCongo) ; Le Cactus ASBL ; La Maison Rue Verte ASBL ; Womanaction ; GAFFI ; El Andino ASBL/VZW ; Afede ASBL ; CADTM – Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde ; ASBL Femmes et Santé ; Comite Internacional Peruano ; Ke RVDAG/vl-svav ; Le Réseau des Femmes Immigrées et d’origines étrangères ; L’ASBL Isala ; Association EPF ; CGSLB Bruxelles ; Zij-kant ; ADPDH Mauritanie.

Plusieurs personnalités : Fatoumata Sidibe, députée bruxelloise DéFI ; Deborah Kupperberg, militante féministe ; Jacqueline Janclaes ; Modi Ntambwe ; Jocelyne Labejof-jehelmann ; Dorothy Mathews ; Djeinaba Touré, présidente de « Je m’engage ! » ; Oumoukelthoum Souleymane, présidente association Mauritanienne pour l’éducation et la santé ; Dominique Septon, animatrice pour l’antenne de Hannut, Vie Féminine Huy-Waremme ; Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles ; Alimelie Mélanie ; Bérengère Marques-Pereira, présidente, et Valérie Lootvoet, directrice de l’Université des femmes.

Source : carte blanche publiée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes sur lesoir.be.

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