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Le Réseau Ressources Naturelles en RD Congo

Dans le cadre de son programme « citoyenneté et démocratie », qui vise le renforcement des capacités de la société civile du sud, le CNCD 11.11.11 soutient depuis 2007 le Réseau Ressources Naturelles (RRN) en RDC. Ce réseau, après avoir été créé par le Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP - www.cenadep.net/), une ONG locale, fonctionne de façon autonome depuis le 10 avril 2008, avec une coordination nationale spécifique.

L’ITIE

C’est à l’occasion du Sommet mondial sur le développement durable, tenu à Johannesburg en septembre 2002, qu’a eu lieu le lancement de l’Initiative de transparence des industries extractives (ITIE), dans le but de renforcer la coopération internationale dans ce domaine. Le Réseau Ressources Naturelles a été partie prenante du premier comité de pilotage national de l’ITIE en RDC, mis en place à la suite d’une rencontre organisée par le gouvernement congolais en mai 2005.
Impliqué dans ce processus et constatant qu’il connaissait une léthargie en 2006 après la mise en place des institutions issues des élections, le Réseau Ressources Naturelles a projeté la tenue d’une deuxième table ronde en vue de réunir toutes les parties prenantes et de relancer le processus. Le CNCD-11.11.11 a financé cette initiative qui visait à permettre à la société civile congolaise d’évaluer sa participation à l’ITIE en RDC.

Par ce soutien, le CNCD-11.11.11 a contribué au renforcement des capacités du Réseau Ressources Naturelles et des structures membres de la Coalition « Publiez ce que vous payez » dans leurs activités de sensibilisation des populations et institutions locales pour une gestion durable et équitable des ressources naturelles. Les années qui viennent seront en effet déterminantes pour la gestion de ces ressources, qui intéressent de nombreux acteurs mais risquent de n’apporter aucun bénéfice aux populations locales. De fait, les ressources forestières et minières de la RDC risquent de s’épuiser, alors que les pourparlers sur la paix dans la région continuent de piétiner. La faiblesse de l’Etat de droit, incapable de mettre en application les lois régissant l’exploitation des ressources naturelles, ainsi que l’ampleur du phénomène de la corruption, permettent à un grand nombre de compagnies qui exploitent ces ressources de ne respecter ni la législation, ni leurs responsabilités sociales.

Pourtant, avec un sol et un sous-sol regorgeant de ressources, des forêts qui constituent le deuxième massif forestier tropical humide après l’Amazonie, la République démocratique du Congo dispose de richesses qui devraient lui permettre d’assurer son développement. Mais l’exploitation non structurée de ces ressources forestières ne profite ni aux populations, ni au pays. L’exploitation industrielle des forêts, même dans les parties restées intactes, constitue une menace pour la survie d’une grande majorité des populations locales. Parmi les principales causes de cette exploitation abusive et incontrôlée des forêts des ressources minières, il y a lieu de citer la faible capacité du gouvernement congolais à promouvoir la transparence dans la gestion des industries extractives, ainsi que le conflit armé qui continue à faire souffrir les populations à l’Est du pays.

C’est pour rendre transparente la gestion des industries extractives que le Réseau Ressources Naturelles fait sienne la préoccupation de pousser tous les acteurs qui sont impliqués dans l’exploitation ou dans la gestion des ressources naturelles à contribuer au bien-être non pas de quelques individus, mais de tout un pays. Le Réseau Ressources Naturelles organise des activités de sensibilisation, de promotion des droits des communautés locales et des populations autochtones pygmées, de monitoring et de plaidoyer pour lutter contre toute exploitation illégale. Les actions de plaidoyer du Réseau Ressources Naturelles se situent à plusieurs niveaux, dans les différents secteurs d’exploitation des ressources.

Les ressources forestières

Dans le domaine des forêts, le Réseau Ressources Naturelles a analysé depuis fin 2003 le code forestier qui a été promulgué l’année précédente. Ce code contient un certain nombre d’écueils, comme son éloignement des réalités des populations locales et autochtones et sa concentration sur l’exploitation industrielle du bois pour lutter contre la pauvreté. Les recherches menées par Greenpeace en RDC démontrent que «  compter sur l’industrie forestière pour lutter contre la pauvreté tend à produire le résultat inverse. Une telle stratégie compromet en fait les efforts engagés de lutter contre la corruption et mettre en place une bonne gouvernance. Elle ne permet pas de répondre aux besoins des populations pauvres et d’assurer la protection à long terme de l’environnement mondial ».

Les forêts congolaises subissent des incursions, des activités illégales, la déforestation, la dégradation et l’exploitation incontrôlée des ressources qu’elles abritent (minières, fauniques, forestières, etc.). Le processus en cours de conversion des titres forestiers fait craindre à un grand nombre d’acteurs que le gouvernement congolais ne résiste pas aux menaces des exploitants forestiers qui cherchent à éviter l’annulation des titres forestiers illégaux. Un tel revirement du gouvernement congolais risquerait de classer sans suite le moratoire sur les allocations de nouvelles concessions forestières, alors que ce dernier est capital pour le pays, mais aussi pour le monde entier, tant les forêts du Bassin du Congo sont des poumons planétaires de premier ordre.

Les ressources minières

En rapport avec l’exploitation des ressources minières, le Réseau Ressources Naturelles dénonce les abus et violations dont sont victimes les populations et les exploitants artisanaux qui ne bénéficient pas de l’encadrement des services de l’Etat. Il met aussi en évidence que le code minier et ses mesures d’application ne sont pas vulgarisés sur l’ensemble du territoire, ce qui permet d’exploiter ces ressources de façon en grande partie illégale : transport de minerais à l’état brut vers les pays voisins pour son tamisage, non respect des responsabilités sociales des entreprises d’extraction, destruction de l’environnement, délocalisation des populations locales de leurs espaces traditionnels de vie, spoliation des compagnies publiques, occupation des carrés miniers par des compagnies qui déplacent de force les exploitants artisanaux, contrôle du commerce illégal par des mouvements rebelles, etc.
Les recettes de l’exploitation minière ne contribuent nullement à l’amélioration du niveau de vie de la population, ni à l’aménagement des infrastructures socio-économiques. On se pose même la question en RDC de savoir qui paye à qui et quelle affectation est donnée à toutes ces recettes…

Malgré les difficultés provoquées par les guerres et conflits en RDC, dont l’exploitation des ressources naturelles est sans aucun doute un des moteurs principaux, le Réseau Ressources Naturelles se préoccupe de contribuer au plaidoyer pour que ces ressources profitent au développement local. Pour ce faire, les pratiques illégales d’exploitation des ressources doivent être bannies. Le travail du Réseau Ressources Naturelles consiste à dénoncer ces pratiques, qui représentent un véritable pillage des ressources. Il consiste aussi à renforcer les réseaux internes et externes d’information en vue d’échanger et de développer des stratégies coordonnées pour un lobbying fort, afin que les ressources naturelles contribuent au développement du pays.
Le soutien du CNCD-11.11.11 au Réseau Ressources Naturelles a donc pour but de lui permettre de faire un travail de recherche et de plaidoyer permanent sur base de la connaissance de terrain qu’apportent ses membres.

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  • Arnaud Zacharie

    4 mars 2019
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