Partenariat UE-Egypte : pas de renforcement sans conditions en matière de droits humains
L’Union européenne s’apprête à élever son partenariat avec l’Egypte à un niveau « stratégique ». 14 ONG, dont le CNCD-11.11.11, réagissent dans une déclaration commune. Leur crainte : que ce nouveau partenariat stratégique légitime le bilan catastrophique de l’Egypte d’Abelfattah Al-Sissi en matière de droits humains, ainsi que sa gestion économique désastreuse du pays.
Depuis la prise de pouvoir du général Al-Sissi en 2013, l’Egypte traverse une crise en matière de droits humains et de gouvernance encore récemment illustrée par une élection présidentielle dans laquelle aucun candidat sérieux n’a été autorisé à se présenter face au raïs égyptien. Avec quelque 60.000 prisonniers politiques dans les prisons égyptiennes, le régime égyptien est réputé être l’un des plus oppressifs au monde. Par ailleurs, sa politique économique, reposant essentiellement sur l’emprunt, a rendu la dette extérieure égyptienne insoutenable et prive aujourd’hui le pays de devises fortes nécessaires pour l’achat de produits de base. Comme le souligne la déclaration commune des 14 ONG, « les graves difficultés économiques de l’Égypte et sa crise en matière de droits humains sont liées aux mêmes problèmes sous-jacents, soit une gouvernance non responsable et qui recherche la survie du régime avant la stabilité ».
Les signataires de la déclaration commune demandent donc à l’Union européenne d’intégrer des conditions claires et publiques en matière de droits humains et de redevabilité dans le partenariat stratégique qui sera prochainement négocié, avec une attention particulière sur le pilier « migration ».





