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Peur à Walcourt : bas les masques

François Corbiau François Corbiau
19 avril 2016

MICmag - Novembre 2015. Environ 200 demandeurs d’asile sont accueillis dans deux centres proches de Walcourt, entité namuroise de 18 000 habitants. Lors d’une réunion filmée par la RTBF, une partie de la population hurle son inquiétude. Cinq mois plus tard, le carnaval bat son plein, les regards se croisent timidement. De brèves rencontres font tomber les masques. Sans mélodrame. Sans eau de rose. Retour sur la peur.

Sur la route en arrivant dans l’entité, un panneau avertit le visiteur pressé : « Walcourt vaut le détour ». La ville est connue pour sa basilique et, depuis peu, pour ses demandeurs d’asile. Depuis le 5 novembre, ils sont 210 répartis entre les centres de Thy-le-Château (110) et de Chastrès (100), deux villages de la commune. Dans leur sillage, on a vu débarquer une société de gardiennage. À cause des étrangers menaçants ? Plutôt des habitants de Walcourt.

Tirs à la carabine dans les vitres, œufs sur les façades, tags sur les panneaux, voitures vrombissantes et clous jetés à l’entrée des centres d’accueil… Les actes de vandalisme se sont multipliés avant l’arrivée des résidents même si certains ont encore essuyé des jets de yaourt ou d’huile au tout début de leur séjour. « Ici on a travaillé à l’envers. On a dû protéger les demandeurs d’asile, pas les villageois », explique Abraham Moureau, coordinateur pour l’ouverture des centres chez Fedasil. L’espace de quelques jours, cette petite localité est devenue le « Triangle des Bermudes de la haine et du rejet de l’autre », comme le soulignait au plus fort de la crise Marc Preyat, l’échevin de la Culture et de l’Enseignement.

Cinq mois plus tard, les esprits se sont apaisés. Alors que le Carnaval bat son plein, à Thy-le-Château, Denis se réfugie dans son atelier. Au loin on entend un mélange de tambours et de musique techno. En cette période de l’année, il passe ses soirées et ses week-ends à sculpter des baguettes de tambour. « En ce moment, ça n’arrête pas. Après la saison des carnavals, je prépare les baguettes et les hochets pour les marches de l’entre-samare-et-meuse  », explique-t-il les mains blanchies par la sciure.

« 150 % contre »

Denis était présent aux deux séances d’information organisées par la commune en prévision de l’ouverture des centres d’accueil. Dans la séquence filmée par la RTBF, on le voit avec « les forts en gueule » qui ont monopolisé la parole toute la soirée. «  Je n’étais pas content du tout, on ne nous avait rien demandé. Je ne voulais pas de 210 étrangers à Thy et à Chastrès. Je criais que ces gens-là n’avaient pas la même culture que nous et qu’on avait déjà assez de malheureux en Belgique  », se souvient ce maçon de 43 ans. Ses craintes ? Des vols et des dégradations... Lire la suite sur MICmag.be

Tags: Migrations

Source : MICmag #8, avril 2016.

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