Pour la 3e année consécutive, à l'initiative de la plateforme Mirabal, une manifestation nationale contre les violences faites aux femmes est organisée à Bruxelles. Le CNCD-11.11.11 sera présent une fois de plus. Rejoignez-nous.

La plateforme Mirabal vous invite à une grande manifestation nationale à Bruxelles contre les violences faites aux femmes le dimanche 24 novembre de 14h à 16h.

Le lendemain, 25 novembre 2019, journée internationale pour l’élimination des violence faites aux femmes, nous montrerons collectivement notre colère dès 12h avec une minute de bruit contre l’invisibilisation des violences organisée partout où vous le souhaitez, notamment lors de l’action « She Had A Name » :

Pourquoi nous marchons

Depuis début 2017, on compte en Belgique plus de 96 féminicides, dont au moins 18 depuis début 2019 . Pour ces trois dernières années, c’est, proportionnellement à la population, bien au-dessus de la moyenne d’autres pays européens. Et il ne s’agit là que de l’expression la plus extrême des différentes formes de violences que les femmes continuent à subir dans notre pays (physiques, sexuelles, économiques, psychologiques, institutionnelles, …). Plus d’un quart des femmes connaissent la terreur quotidienne imposée par leur (ex)compagnon. 98% rencontrent des agressions dans l’espace public. Sans compter le sexisme banalisé qui s’attaque aux droits de toutes les femmes. Pourtant, il n’y a toujours aucun débat politique et aucune stratégie cohérente à la hauteur des enjeux pour lutter efficacement contre toutes les formes de violences faites à toutes les femmes ! Quel mépris !

L’état de la lutte contre les violences faites aux femmes en Belgique est déplorable !

En ratifiant la Convention d’Istanbul en 2016, les différents niveaux de pouvoir (fédéral, régional, communautaire et communal) s’étaient engagés à déployer des mesures coordonnées de prévention des violences, protection des victimes et poursuite des auteurs. Mais, en 2019, le rapport alternatif de la société civile sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul démontre à travers de nombreux constats de terrain que cette Convention reste très peu et mal concrétisée .

Il n’y a pas de véritable politique de prévention pour faire en sorte que les violences n’arrivent pas. Les victimes sont incitées à en parler mais rien n’est fait pour améliorer substantiellement leur accueil, leur sécurité et leur accompagnement. La reconnaissance des violences par les institutions (santé, police, justice, administrations, employeurs, …) est aléatoire. Le suivi et la responsabilisation des auteurs restent minimes. Sur le terrain, les associations féministes et services spécialisés doivent se débrouiller avec des moyens dérisoires et des financements précaires. La survie même de plusieurs organisations actives dans la lutte contre les violences est d’ailleurs en ce moment mise en péril par une récente restriction de subsides fédéraux et de sérieuses menaces sur la pérennité des subsides de la région flamande .

Dans les mois à venir, le dernier plan quinquennal de lutte contre les violences (PAN 2020-2024) doit être élaboré et adopté à tous les niveaux de pouvoir. Jusqu’ici, malgré l’existence d’un Plan d’Action National, la coordination des pouvoirs publics dans la lutte contre les violences est au point mort. Chaque niveau de pouvoir intervient comme bon lui semble, ce qui ne permet que l’éventuel aboutissement de mesures partielles, disparates et parfois même contradictoires. De plus, les PAN ne sont pas budgétisés, ils ne comportent pas d’objectifs chiffrés de réduction des violences et la plupart des mesures sont du ressort de Ministères aux marges de manœuvre limitées, comme l’Egalité des chances. Jusqu’ici donc, les résultats concrets des PAN restent scandaleusement décevants.

Des solutions existent : il suffit de les mettre en œuvre !

Il s’agit cette fois de ne pas louper le coche, en s’appuyant sur les recommandations concrètes (plus de 200 !) avancées par les organisations de terrain dans leur rapport alternatif sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul. Mais cela implique une rupture profonde avec les politiques actuelles puisque, pour concrétiser une lutte efficace contre toutes les formes de violences faites à toutes les femmes, il est indispensable

  • d’investir un budget public conséquent : les violences représentent déjà un coût énorme pour la société qui reste pourtant incapable de les combattre efficacement. Un budget spécifique, articulé à une politique cohérente, permettrait une utilisation plus rationnelle et efficace de ces fonds, notamment en appuyant les associations et services de terrain
  • de privilégier la prévention à la répression : la répression n’intervient (quand elle intervient !) que quand le mal est déjà fait. Nous voulons avant tout éviter que les violences se produisent. Cela implique une politique globale et coordonnée de prévention primaire dans tous les domaines (enseignement, médias, formation continue, emploi, service sociaux et de santé, police, justice, administrations publiques, …)
  • de garantir le droit à la sécurité pour toutes les femmes sans basculer dans le sécuritaire : les violences faites aux femmes doivent être prises en compte dans leur complexité à chaque étape de la prise en charge des victimes (police, justice, accompagnement, …) pour en finir avec l’impunité. Les mesures de protection contre la récidive doivent être efficaces et les auteurs doivent être amenés à assumer durablement les conséquences de leurs actes. Les victimes doivent obtenir les moyens de reprendre du pouvoir sur leur vie dans leur parcours de reconstruction (santé physique et mentale, emploi, mobilité, revenus, enfants, ...)
  • de battre en brèche toute tentative de stigmatisation d’une partie de la population pour en immuniser une autre. Nous sommes tou-te-s concerné-e-s par les violences faites aux femmes. Nous refusons que les droits des femmes soient instrumentalisés au profit de politiques qui s’alimentent de nos peurs pour continuer à démanteler nos droits fondamentaux.

Imposer un changement de cap

Depuis quelques années, partout dans le monde –et en Belgique aussi- les femmes qui dénoncent les violences machistes rencontrent un écho médiatique. La société dans son ensemble prend conscience de l’ampleur de ces réalités. Mais, pour que cette prise de conscience se transforme en changements concrets et en réelles avancées, encore faut-il que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités. Et ça n’arrivera pas tout seul ! C’est quand la colère s’exprime et s’organise largement que la lutte contre les violences faites aux femmes s’impose aux agendas des gouvernements. Ici aussi, nous pouvons rendre ce changement de cap incontournable !

Les associations féministes et les services spécialisés, soutenus par une centaine d’organisations de la société civile à travers la Plateforme Mirabal , appellent donc les femmes et les hommes indigné-e-s par cette situation à se mobiliser massivement.

Parcours de la manifestation

Veuillez noter qu’un point de départ pour les personnes à mobilité réduite sera organisé à la Place Poelaert.

Carrefour de l’Europe (Gare Centrale) -> Monts des arts -> rue Coudenberg -> Rue Montagne de la Cour -> Place Royale -> Rue de la Régence-> Place Poelaert – Arrêt 15 minutes sur la Place Poelaert -> Ernest Allard -> Rue Watteeu -> rue des Minimes-> Joseph Stevens -> Place de la Chapelle -> Boulevard de l’Empereur -> Carrefour de l’Europe (Gare Centrale)

Manifester avec le CNCD-11.11.11

Le CNCD-11.11.11 sera présent à la manifestation.
Si vous voulez vous joindre à nous, RDV à 14h au Carrefour de l’Europe (à hauteur du Relay, entre les deux pots de fleurs géants).
Nous serons là avec nos drapeaux CNCD-11.11.11 ainsi que la chorale qui chantera.