Burkina Faso : de l’insurrection à la révolution, le chemin est parfois long

Le SPONG, coordination des ONG burkinabè
Le SPONG, coordination des ONG burkinabè
© Oumou Zé

Le Burkina Faso vient d’élire un nouveau président, un an après une révolte populaire sans précédents, qui s’est soldée par le départ le 31 octobre 2014 de Blaise Compaoré, aux rennes du pouvoir depuis près de 30 ans.

Si Roch Marc Christian Kaboré est un homme connu de la vie politique burkinabè, notamment pour son implication dans le pouvoir et ses responsabilités ministérielles de haut niveau sous Blaise Compaoré, plusieurs observateurs disent aujourd’hui vouloir lui donner une chance, ainsi qu’au gouvernement qu’il va réunir.

En effet, le « système Compaoré » régnait de façon totalitaire, et rares sont les cadres et compétences que comptent le pays qui pourraient se targuer de n’y avoir jamais collaboré.

Retour sur les ingrédients de ce que d’aucuns qualifient de « révolution », observée à partir de plusieurs pays dans le monde, comme symbole du triomphe de la démocratie sur la dictature.

Une nouvelle analyse, téléchargeable ci-dessous, donne des éclairages issus de la société civile et d’entretiens avec des acteurs de premier plan du soulèvement d’octobre 2014.
On se rend compte en effet que les ferments de l’insurrection populaire sont à rechercher dans la construction d’une société civile avertie, dont la jeunesse particulièrement a été graduellement confrontée aux exactions et injustices d’un pouvoir devenu autoritaire et qui ne laissait quasi plus aucune perspective de devenir pour la majorité de la population qu’il laissait de côté dans la répartition des bénéfices de l’exploitation des rares ressources naturelles et économiques du pays.

Dans ce petit pays sahélien, bon élève des institutions internationales de développement, et où le nombre de plaques de Coopérations et autres projets de développement soutenus par des partenaires techniques et financiers est parmi les plus élevés au monde, les habitudes de dialogues, des concertations et autres planifications sont bien ancrées. Aussi, l’autre leçon de la « révolution burkinabè » fut sans conteste la capacité de toutes les franges de la population à se mobiliser et à s’impliquer pour que réussisse l’exercice d’une année de transition censée redonner les bases d’une démocratie transparente et juste.

Partis d’opposition, société civile, dignitaires religieux ou encore militaires, tous furent appelés à jouer un rôle dans les organes de la Transition.

Aujourd’hui pourtant, le moment semble plus que jamais historique pour que cette société civile tant admirée et félicitée de l’extérieur, puisse se redéfinir et se réorganiser afin d’assurer sa légitimité par la pertinence de ses actions et de son implication dans la vie politique du pays. Au-delà de savoir qui était indépendant ou en lien avec le pouvoir, il sera surtout question de qui est capable de tenir son rôle d’interpellation, avec rigueur et en représentativité, tout en évitant l’instrumentalisation.

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