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Action devant la Commission européenne

« Nous ne paierons pas pour leur crise ! »

2 avril 2009

A la veille du G20 de Londres, des ONG européennes et le CNCD-11.11.11 ont mené dans le quartier des institutions européennes une action médiatique avec une trentaine d’acteurs. Cette action s’est tenue devant le Conseil de l’Union européenne et avait comme objectif de dénoncer la mauvaise gestion de la crise par nos dirigeants.

Alors que le monde est heureux – entendez la Bourse, les banques et les entreprises, alors que les gouvernements triment et surtout que les populations souffrent -, la crise frappe. Panique à bord.

A la rescousse, le G20 intervient en ponctionnant de l’argent public – jusqu’à en détrousser leurs populations et citoyens - et en le jetant dans les bras tendus des acteurs privés que sont les entreprises et des banques. Et celles-ci de le faire tourner à nouveau dans le même système spéculatif, sans vergogne. Le G20 au balcon. Mais les populations se soulèvent, se révoltent et mettent le G20 sous pression pour qu’ils se ressaisissent de leurs compétences de contrôle et de régulation du système. L’argent public d’être enfin récupéré et réinvestis dans des politiques publiques de relance. Défendant le développement durable, la justice environnementale, le travail décent, la souveraineté alimentaire ou encore des relations Nord-Sud équitables. Et les citoyens d’hurler à la face des entreprises, bourse et banques le slogan « Nous ne paierons pas votre crise ! ».

Cette action s’inscrit dans le cadre des mobilisations mondiales du 1er avril contre le G20 et ses non-réponses. En effet, à la veille de la tenue du G20 à Londres, pas mal de questions restent posées. Tout d’abord sur l’exemption de responsabilités faites aux banques face à la crise. Sur les renflouements publics sans conditions en échange. Sur les conseils prodigués aux gouvernements par ceux-là mêmes qui sont responsables de la crise. Que ce soit en termes de libéralisation du commerce, d’autorégulation des marchés financiers. Sans parler de l’impact certain de la crise dans le monde en développement qui souffrait déjà de pauvreté avant la crise, mais qui aujourd’hui avec la crise en sera encore plus affecté. Face à cela, qu’attendre du G20 ? qu’attendre de l’Europe ? Aujourd’hui alors que les fondations de ce système se sont écroulées, pourquoi l’autorité publique devrait-elle payer pour sauver un système financier qui à la racine même du cataclysme actuel ?

Pour Gaspard Denis, chargé de recherche au CNCD-11.11.11 : « Le G20 c’est un beau poisson d’avril. En effet, le projet de conclusion du sommet de Londres se limite à faire l’inventaire des carences actuelles du système financier international sans inclure de mesures de régulation concrètes pour y remédier. Les chefs d’État et de gouvernement du G20 devraient pourtant s’inspirer des nombreuses alternatives au capitalisme financier synthétisées dans la déclaration de Belém issue du Forum social Mondial 2009 ».

Pour Alex Wilks d’Eurodad (European Network on Debt and Development) : « La politique de l’autruche quant à la régulation est critiquée depuis de nombreuses années par des manifestants dans le monde entier. Les entreprises et gouvernements européens portent une lourde responsabilité dans la crise actuelle. Mais les propositions de l’UE en vue du G20 offrent peu de place aux citoyens ordinaires de l’UE, et les soi-disant efforts pour les régions les plus pauvres du monde qui seront annoncés demain ne seront rien qu’une goutte dans l’océan au regard de l’impact tragique de cette crise mondiale » .

Pour Paul de Clerck de FoEE (Friends of the Earth Europe) : « Nous sommes en train d’assister à une crise qui n’est pas seulement financière, mais qui est une crise systémique avec des dimensions environnementale, sociale, économique et démocratique. Les banques doivent rendre des comptes quant à l’impact de leurs activités sur l’environnement, le prix des denrées alimentaires, la destruction de la biodiversité, le changement climatique. Pour répondre à cette crise, il faut un nouveau paradigme qui s’éloigne du modèle socio-économique actuel. »

Pour Gaspard Denis du CNCD-11.11.11 : « A la question de savoir si nous voulons payer une nouvelle fois pour cette crise, la réponse est évidemment non. A l’inverse, il est urgent d’opérer un changement radical et de refuser le retour au ’business as usual’ . Pour un nouveau modèle économique et social, il faut remettre la finance à sa place ! Le monde n’a pas seulement besoin de régulations, mais aussi d’un nouveau paradigme qui remette le système financier au service des populations. En deux mots cela signifie : démantelons les paradis fiscaux, annulons la dette, partageons les richesses, éradiquons la spéculation, contrôle public des banques, remplaçons cet illégitime G20 par un retour à un système onusien fonctionnel, renforcé et équilibré ! »

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