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Un vibrant hommage à Wangari Maathai à Durban

Véronique Rigot Véronique Rigot
4 décembre 2011

A Durban, la société civile réunie pour le climat rend un hommage juste et touchant à Wangari Maathai. Première femme africaine à recevoir un prix Nobel de la Paix pour une cause environnementale, elle incarnait la lutte contre la pauvreté et la protection de l’environnement. {}

Une grande dame, un exemple, une référence… Wangari Maathai s’est effacée en septembre dernier. « Si nous avions mieux préservé notre environnement, il y aurait moins de luttes aujourd’hui pour la terre, l’eau et les forêts », disait-elle. Première lauréate d’un doctorat en Afrique centrale et de l’Est, elle a dirigé la Croix Rouge kényane dans les années 70, puis été secrétaire d’Etat kényane à l’environnement entre 2003 et fin 2005.
En 1977, elle est à l’origine du Mouvement environnemental et socio-politique The Green Belt Movement (le Mouvement de la ceinture verte en français) qui a été en lutte contre le président de la République de l’époque, Arap Moi, pendant de longues années. Par la plantation d’arbres d’abord au Kenya puis dans d’autres pays d’Afrique, le mouvement cherche à promouvoir la biodiversité tout en créant des emplois pour les femmes et en valorisant leur image dans la société. Cette organisation a planté depuis 1977 près de 40 millions d’arbres sur le continent.

C’est pour l’action menée avec son mouvement que Wangari Maathai a reçu le prix Nobel de la Paix en 2004. C’était le premier Prix Nobel de la Paix « environnemental », avant celui décerné à Al Gore et au GIEC en 2007. Wangari Maathai a exposé comment, sous l’effet du réchauffement global, l’environnement de sa région natale s’est trouvé petit à petit dégradé. Si le reboisement lui était cher, elle a aussi lutté, pendant les dernières années de sa vie, pour la préservation et la gestion durable des forêts du Bassin du Congo, qui est le plus grand bassin forestier africain et qui s’étend sur toute l’Afrique centrale.

Dans son discours ces dernières années, elle exprimait sa préoccupation de voir la pression exercée sur les ressources naturelles, et, en particulier, les sols, l’eau et la terre, mais aussi la crise climatique et la nécessité d’une action politique internationale ambitieuse pour lutter contre le réchauffement global. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’action de son mouvement, le Green Belt Mouvement, pour le climat, et, en particulier, sa présence ici à Durban. Par la plantation d’arbres, le mouvement cherche à contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre en préservant les forêts et en instaurant le mécanisme REDD (pour la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts). Par la plantation, c’est aussi au renforcement des communautés locales et à leur résilience aux aléas climatiques que le Green Belt Movement travaille, et en particulier en créant des zones boisées qui font effet de tampon contre les catastrophes naturelles. Enfin, c’est pour un plaidoyer fort pour la gouvernance internationale de l’environnement et pour un accord international ambitieux, juste, équitable et contraignant que le mouvement s’investit. Comme le disait Wangari Maathai, « nous avons la responsabilité de protéger les droits des générations et de toutes les espèces qui ne peuvent s’exprimer aujourd’hui. Le défi international des changements climatiques requiert de nous que nous n’en demandions pas moins à nos décideurs qu’à nous-mêmes  ».

Wangari Maathai avait les mots justes pour parler de la réalité de son peuple, qui est aussi la réalité de nombreux autres pays africains, face à un environnement qui se dégrade et à des conditions socio-économiques des plus précaires. Tout au long de sa vie, elle a défendu avec une inébranlable conviction le respect de l’environnement et le droit au développement pour son peuple, mettant parfois sa liberté en péril. C’est pour lui rendre l’hommage qu’elle mérite que le Green Belt Movement, l’alliance panafricaine pour la Justice climatique ont initié avec quelques ONG l’organisation de cette soirée intitulée « Nuit de solidarité ».

«  Le départ du Professeur Maathai est une immense tristesse pour ceux qui ont connu la mère, la parente, la collaboratrice, la collègue, le modèle, l’héroïne, et tous ceux qui admirent la détermination avec laquelle elle a travaillé sans relâche à un monde plus pacifiste, plus sain, et meilleur à vivre  » exprime le Green Belt Movement.

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