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Opération 11.11.11

Au Rwanda, les petits investissements dans le biogaz font la différence

28 août 2018

Au Rwanda, une ONG bénéficiaire de l’Opération 11.11.11 mise sur un matériau peu habituel pour aider les petits agriculteurs... la bouse de vache ! Cela n’a rien d’une blague : Vétérinaire Sans Frontières, en collaboration avec les autorités rwandaises, soutient la construction de plusieurs centaines de bio-digesteurs dans les districts de Huye, Nyanza et Nyamagabe (centre du pays).

Un bio-digesteur est une simple construction en briques, enterrée quelques mètres sous le sol. Alimentée par la bouse des vaches et les déjections humaines, l’installation convertit la matière organique en gaz méthane par l’action des bactéries. Le « biogaz » obtenu peut ensuite être utilisé pour cuire des aliments ou éclairer les habitations. Cette solution simple présente de multiples avantages, en matière de santé, d’environnement et de revenus des familles.

Biodigesteur  (Crédit : © VSF )

Dans les zones rurales du Rwanda, les femmes cuisinent avec du bois ou du charbon. Dans des maisons souvent mal ventilées, les mères souffrent de problèmes respiratoires et de maladies oculaires dues à la fumée. Leurs enfants aussi doivent vivre dans cette fumée malsaine dès la naissance. Acheter du bois de chauffage absorbe en outre une part importante du maigre budget des ménages. Et quand les familles ne peuvent pas se le payer, elles le prélèvent directement dans la forêt. Or, la coupe de bois de chauffage est l’une des causes de la déforestation en Afrique centrale.

Le chauffage vétuste est une source de problèmes sanitaires et environnementaux

Le biogaz offre une solution à portée de main. De nombreux agriculteurs ont en effet une ou deux vaches. La bouse est déjà utilisée pour fertiliser les champs, mais ses autres qualités sont encore peu valorisées. Grâce à une petite unité de production de biogaz, elle fournit du méthane, un combustible utilisable pour la cuisson et l’éclairage. Le reste sert d’engrais. Avec la production de deux vaches par jour, une famille peut cuisiner et allumer une ou deux lampes à gaz le soir.

Si cette solution est tellement simple, comment expliquer qu’elle ne se soit pas répandue spontanément ? Le problème est qu’une installation de biogaz coûte 595 euros, un investissement énorme pour une famille rurale pauvre.

C’est pourquoi le gouvernement rwandais accorde une subvention de près de 80%, dans le cadre d’un programme social et environnemental. Mais même le coût restant de 129 euros reste impayable pour des familles qui doivent survivre avec un euro par jour. Le projet de Vétérinaires Sans Frontières vise à aider ces familles à franchir le cap. Une fois installé, le bio-digesteur offre une solution pour longtemps. Aucun professionnel n’est impliqué dans la maintenance. Il suffit de remplir à temps et de retirer la bouse.

Au Rwanda, les petits investissements dans le biogaz font la différence  (Crédit : © VSF )

Pour les familles concernées, ce projet apporte des avantages simples et concrets. Sur le plan environnemental, en réduisant la consommation du bois de chauffe, on agit sur un important facteur de déforestation en Afrique centrale.

L’air de rien, les projets de ce genre font la différence. Chaque année, l’Opération 11.11.11 en finance plusieurs dizaines dans les pays en développement.

« Nous avons une meilleure qualité de vie tout en protégeant l’environnement »

Athanasie Uzamukunda, bénéficiaire du biogaz, village de Maheresho, Rwanda  (Crédit : © VSF )

« Suite à une réunion de sensibilisation, mon mari et moi avons décidé d’installer un bio-digesteur à la maison. Dès que nous avons su que c’était possible chez nous, nous avons signé les contrats. J’ai fourni le matériel de construction et le bio-digesteur a pu être installé.

Ça fait un an que j’utilise le biogaz et je ne pourrais plus m’en passer. J’achète moins de bois pour cuisiner donc je fais des économies. Je cuisine normalement pendant la saison des pluies. Mes casseroles restent propres et il n’y a plus de fumée pendant la cuisson. La production agricole de nos champs a augmenté grâce au digestat ; nous sommes passés de 70 à 110 kg de haricots !

J’aimerais me professionnaliser dans l’élevage pour continuer à profiter pleinement de mon bio-digesteur et augmenter la production agricole pour mieux nourrir ma famille. Je suis reconnaissante d’avoir pu installer ce bio-digesteur car cela nous permet de mieux rentabiliser notre cheptel. En plus, nous avons une meilleure qualité de vie tout en protégeant l’environnement. »

Athanasie Uzamukunda, bénéficiaire du biogaz, village de Maheresho

Nous étions 75 000 pour la justice climatique !



Marée humaine ce 2 décembre à Bruxelles.
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