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Une pétition adressée à la Commission européenne

Pas d’huile de palme dans nos réservoirs !

15 janvier 2019

Les plantations de palmier à huile sont en train de ravager les dernières forêts tropicales primaires de la planète et la précieuse biodiversité qu’elles abritent.

Ces plantations sont aussi l’une des premières cause d’accaparements de terre qui privent les paysans les plus pauvres d’accès à la terre.

Mais 87 % des Belges ignorent que l’huile de palme importée en Europe finit, majoritairement, brûlée dans nos moteurs.

Présenté à tort comme des carburants écologiques, ce “biocarburant” est en réalité trois fois plus néfaste pour le climat que les carburants conventionnels, à cause de la déforestation qu’il entraîne.

Le 1er février 2019, la Commission Européenne a le pouvoir d’arrêter cette folie. Le Parlement européen a voté pour demander à mettre fin à l’utilisation de l’huile de palme dans les carburants : c’est maintenant à la Commission européenne de faire en sorte que cette demande devienne réalité.

L’Union européenne est sous la pression des lobbies, depuis des années, pour soutenir l’utilisation d’huiles végétales dans les carburants. Elle a réussi à faire passer cette industrie néfaste pour une alternative écologique. Ce lobby est arrivé à rendre les automobilistes complices malgré eux de la déforestation.

Des millions d’hectares de forêts tropicales ont ainsi été détruites, remplacées par d’immenses plantations de palmiers à huile, pour combler l’appétit de l’Europe en huile végétale.

Privés de leurs forêts, les orangs-outans sont condamnés.

Brûler des milliards de litres d’huile de palme dans les véhicules aggrave cette crise. Si nous ne faisons rien, dans quelques années, les orangs-outans, qui sont parmi nos plus proches et intelligents cousins, auront disparu.

Nous pouvons encore sauver les orangs-outans, les forêts tropicales et les communautés qui en dépendent en arrêtant les ravages liés à l’extension des plantations de palmiers à huile mais il nous faut agir maintenant et rapidement.

En mai dernier, près de 100.000 européens ont poussé l’Europe à adopter une loi pour mettre un terme à l’incorporation dans les carburants de matières premières qui sont à « haut risque » pour le climat, comme l’huile de palme ou de soja. Cette loi propose de plafonner puis d’éliminer des produits controversés et demande aux distributeurs de carburants davantage de transparence.

Mais il reste une condition : la Commission européenne doit entériner cette volonté par un acte délégué, attendu pour le 1er février 2019. Les lobbies sont en train de tout tenter pour que l’huile de palme échappe à cette loi. Si nous voulons mettre fin à ce scandale, nous devons faire plus de bruit qu’eux.

L’Europe est sous le feu des gouvernements indonésien et malaisien qui exigent le maintien de l’utilisation d’huile de palme dans les carburants et menacent la Commission de rompre les négociations d’accords commerciaux.

C’est pourquoi nous devons faire entendre notre voix très clairement auprès du Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de son Vice-Président, Frans Timmermans et des commissaires Miguel Arias Cañete et Cécilia Malmström : nous ne voulons plus d’huile de palme dans nos réservoirs.

Dites leur que vous ne voulez pas être complices de la destruction des forêts tropicales et que vous êtes indignés que l’on puisse considérer l’huile de palme comme un carburant écologique.

Ce scandale n’a que trop duré. Dans les prochains mois, notre campagne pourrait aboutir à une décision d’y mettre fin. Si l’Europe ne cède pas devant les lobbies, elle enverra un puissant signal à l’ensemble du marché mondial.


Actualisation : La proposition est tombée : la Commission confirme que certaines cultures, comme l’huile de palme, sont problématiques en raison de la déforestation à grande échelle qu’elles impliquent. Si c’est un premier pas vers la reconnaissance des études scientifiques et des inquiétudes de la société civile européenne, cette proposition porte néanmoins la marque des lobbies des pays producteurs et des industries européennes. Elle autorise en effet une série d’échappatoires qui permettront, dans les faits, aux huiles de palme et de soja de continuer à être utilisées comme biocarburants en Europe. Lire la suite

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